mercredi 15 février 2012

Millésime 2011

ça y est c'est officiel: l'Auxerrois, les Marpaux et le Gris (Terre Amoureuse) 2011 sont disponibles au domaine. Le gris est fidèle à lui même, un vin fruité et plein de gourmandise.
2011 aura été un millésime révélateur pour les Auxerrois. A goûter sans plus attendre !!

mercredi 1 février 2012

La Viticulture en Meuse: son histoire

Article paru dans le magazine "Connaissance de la Meuse" de Septembre 2011


Alors que sous les côtes, nous sommes à la veille des vendanges, il me semblait intéressant de vous retracer l'histoire de la viticulture en Meuse. Souvent méconnue des meusiens l’histoire de la viticulture en Meuse est très riche, et a des origines très lointaines. Les écrits et les témoignages historiques sont assez rares, et, les plus anciens remontent à l’époque gallo-romaine.

La culture de la vigne s’est développée le long des voies de communication fluviales à l’époque de la gaule romaine : le Rhin, la Moselle et la Meuse, pour notre région septentrionale. En effet, la gaule était dépourvue de vigne, et, les pays barbares faisaient commerce avec la Grèce pour l’achat de leur consommation de vin. Ce sont donc les grecs qui ont répandu l’art de cultiver la vigne, les romains ont suivi leur exemple en l’implantant là où leurs garnisons étaient concentrées, c’est ainsi que les coteaux de la Marne, la Meuse, la Moselle et le Rhin ont été couverts de vigne, avec des surfaces variables en fonction des époques, et des enjeux politico-économiques… Au premier siècle de notre ère : l ’empereur Domitien (de 68 à 79 après J-C) ordonne d’arracher les vignes pour imposer la production italienne (la moitié des vignobles gaulois auraient alors été arrachés.) Tandis qu’en 276 l’empereur Probus a promulgué un édit en faveur de l’expansion rapide du vignoble en Lorraine. Chez les francs, la culture de la vigne occupe une place importante, elle est synonyme de richesse c’est pour cela, que dès cette époque, les vignes furent taxées, les intendants devaient collecter les redevances du vin pour les seigneurs de l’état. Dans l’empire de Charlemagne, la vigne était assez répandue et faisait l’objet d’une considération toute particulière, elle a d’ailleurs été d’un enjeu capital car lors du traité de Verdun en 843, la frontière naturelle du Rhin fut abandonnée pour attribuer à Louis le germanique les villes de Spire, Worms, et Mayence pour que le monarque eut plus de vignobles. C’est grâce au clergé que des informations plus précises sur notre région nous parviennent, en effet, dès le moyen-âge, le développement du christianisme a jouer un rôle prépondérant pour l’extension du vignoble, car le vin était nécessaire à la célébration du culte et à la communion des fidèles. Aussi, les moines grands amateurs et grands propriétaires de vigne, tout comme les seigneurs, avaient su reconnaître les qualités climatiques et pédologiques de la Meuse ; par l’écrit des actes et donations, ils nous rapportent l’importance, l’enjeu économique et stratégique qu’a apporté la vigne au fil des siècles dans notre région. « - Les moines de l’abbaye bénédictine de Saint-Mihiel apparaissent comme de grands propagandistes de la vigne et la font planter aux endroits les plus favorables, car leur besoin en vin devenait grandissant pour la célébration de la communion, c’est ainsi, que dès 709, le Maire du Palais, WULFOADE, dote l’abbaye sammielloise qu’il confia à des religieux de l’ordre de Saint-Benoît, en lui attribuant des vignes qu’il possédait sur le territoire de Woinville.

- Vers le milieu du IXème siècle, c’est dans une des contrées les plus favorables à la vigne que l’évêque de Verdun : HATTON fixe l’emplacement d’une solide forteresse d’où naîtra Hattonchatel, les vignes recouvraient alors les côteaux de ce promontoire. Un autre promontoire des Côtes de Meuse, abritera les vignes : la paroisse de Combres sous les côtes étant également rattaché à l’évêché de Verdun. Un couvent de Bénédictines, détruit à la révolution, se trouvait sur ce territoire… - Par son testament daté de l’an 985, Saint-VICFRIDE, évêque de Verdun, donne à l’abbaye de Saint-Vanne ses vignes situées entre Forges et Charny (aujourd’hui Champneuville) pour la consécration du sang à la sainte messe. » La culture de la vigne prend de plus en plus d’ampleur, tout au long du moyen âge, les nombreuses évocations témoignent de son importance. Un document daté de 1067 nous rapportent que la ville de Bar le duc était entourée de vigne, un autre nous apprend que le vignoble de Longeville s’étend au XVème aux lieux dits Bonval et Grimoncoste tandis que certains historiens expliquent que l’origine des villages comme Vignot, Vigneulles les H., Vigneul s/s montmédy, Lavignéville … se rapportent à « vinetum » : le vignoble. Les dîmes et les redevances étaient payées en vin, comme le rapportent de nombreuses anecdotes : - En 1064, le village de Savonnières devant Bar (Saponarias) fut cédé à l’abbaye de Saint-Mihiel par WALFRIDE, son seigneur, sous la redevance annuelle et jusqu’à sa mort, d’un chariot de vin. - Cinq siècles plus tard, les manants de Thillot, Saint-Maurice et Bassaucourt tentent de se soustraire à la dîme des vins, mais Firmin Latrompette, abbé,( de l’abbaye de L’Etanche, installée à la tête d’un vallon boisé dépourvu de vignes) les attaqua en procès et obtint un arrêt qui régla la dîme au 1/20e et condamna les dits habitants à payer tous les frais du procès. - Il sera loisible à chacun des dîmeurs de regarder et éprouver à la façon qu’il leur semblera bon, si les raisins qui seront dedans les ballons et tandelins seraient rompus par malice ou fraude : que s’il se trouve quelqu’un qui les ait rompu, les dits deux dîmeurs conjointement en feront plainte au greffe pour faire punir les délinquants…Extrait d’un arrêté pris par le seigneur de Commercy en 1636. Cultiver la vigne n’a pas toujours été libre, elle a fait l’objet de nombreux arrêtés et ordonnances, par exemple, le Duc René Ier essaya de protéger les vins du Barrois en faisant paraître une ordonnance, le 20 mars 1436, par laquelle il interdisait d’amener des vins étrangers dans cette contrée. Au cours de cette époque, le vin d’Ancerville jouit d’une telle renommée qu’il est cité en 1532 dans le menu d’un dîner princier. C'est vers la fin du Moyen-âge, tandis que la viticulture fait de tels progrès et subit une telle extension qu’elle est plantée dans la Meuse du sud au nord, (les limites extrêmes au nord sont alors les territoires de Pouilly et Montmédy) la région des Côtes de Meuse restant la plus favorable et la plus propice ; Alors que les cultivateurs ayant planté beaucoup de vignes dans des terres fertiles mais argileuse de la plaine, FRANCOIS III de Lorraine, par une ordonnance datée du 24 avril 1730, leur défendit de convertir leurs terres labourables en vigne, sous peine de les arracher et de payer une amende de 500 francs. Mais il leur fut cependant permis de rétablir les anciennes à condition d’en avoir reçu l’autorisation des lieutenants généraux. On dîme un peu partout au septième pot ; les récoltes dans les meilleures années du XVIIIe siècle sont si abondantes qu’on ne peut les loger qu’en recourant à des moyens de fortune : à Velaines en 1729, il fallut fabriquer in extremis de nouvelles cuves et des tonneaux neufs, on pressa d’abord pour distiller une partie des raisins puis on vendangea le reste. A Marson, en l’an XII, la quantité de vin fut si importante qu’on dut en laisser les ¾ dans les cuves, il se vendit cette année là de 5 à 8 francs la pièce de 228 litres. On rapporte que les Pères du concile de Trente (ville du nord de L’Italie) de 1545 à 1563 faisaient venir les vins du Barrois auprès d’eux, parce qu’ils avaient la priorité sur tous les vins d’Italie. On sait aussi que le Cardinal de Lorraine ne servait à sa table que les vins de la région de Bar ; ils étaient réputés comme vins de bons régimes, parce qu’ils étaient « pectoraux, généreux, légers et diurétiques ». références : Narrateur de la Meuse n° 1178 du 24 octobre 1819. Il faut arriver au début du XIXe siècle pour chiffrer plus justement l’étendue du vignoble en Meuse. L’auteur de L’Annuaire daté de l’an XII l’évalue à 13 273 hectares. En 1862, on enregistre la plus forte surface : 13 729 has sur le département de la Meuse. Puis ce sera le déclin ; lent au début, mais beaucoup plus précipité jusqu'aux années 1920. L'histoire de la viticulture en Meuse est tellement riche, que vous trouverez en cet article son condensé, les XIXème et XXème siècle feront l'objet d'un prochain article. Loin de moi l'idée de jouer à l'historienne mais c'est grâce aux recherches et écrits de passionnés comme moi que j'ai pu rédiger ces lignes. D'ailleurs, ces lignes réveilleront certainement des souvenirs à nombre de meusiens : qui n'a pas entendu un grand-père racontait : « sur cette côte il y avait de la vigne, ou, on allait acheter du vin chez tel vigneron sous les côtes !...... » C'est pourquoi, si vous avez en votre possession des récits, des photos, des cartes postales qui évoquent la vigne et le vin, c'est avec plaisir que j’aimerais les consulter pour compléter mes connaissances et les faire connaître aux meusiens.




Véronique LIENARD, Combres sous Les Côtes, le 05 septembre 2011






Nouveau chai à barriques


Nos travaux d'agrandissement avancent petit à petit, mais notre chai à barriques est opérationnel. Nos Pinot Noir 2011 peuvent déjà profiter des bons soins du vigneron dans cette cave semi enterrée.